• Contes du monde

    Dans cette rubrique je publie des contes dont je ne suis pas l'auteur, qui pour beaucoup sont anonymes et populaires.

  • Un jour, Djeha alla aux bains publics, mais on ne le traita pas comme il l'aurait souhaité. On lui donna un vieux peignoir de bain et une serviette élimée. Il ne dit rien et donna une pièce d'or à chacun des hammamjis, qui se sont maudits de l'avoir traité de si indigne manière.

    Une semaine plus tard, il revint au même établissement. Il fut chaleureusement accueilli, chacun rivalisant avec les autres pour lui offrir le meilleur service possible. En sortant, il donna un tout petit pourboire.

    - "Comment", dirent les employés, cette somme ridicule pour ce que nous t'avons offert !"

    - "Ceci", répliqua Djeha, c'est pour la manière dont j'ai été traité la semaine dernière. Le pourboire de la semaine dernière était pour la manière dont vous m'avez traité aujourd'hui."

     


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  • Un jour, Djeha passe devant un marchand de brochettes. Humm! Que cela sent bon! Djeha a faim, mais il n'a pas beaucoup d'argent. Comment faire? Il va acheter un morceau de pain et il revient.pour s'arrêter devant le marchand de brochettes.

    - "Tu veux acheter des brochettes?" demande le marchand. 

    - "Combien en veux-tu?"

    - "Non, non, je ne veux rien acheter", répond Djeha.

    - "Alors va-t-en!"

    - "Attends un peu", dit Djeha.

    Il prend le morceau de pain et le tient au-dessus des brochettes qui cuisent. La fumée monte vers le pain. Le marchand, étonné, demande:

    - "Que fais-tu?"

    - "Attends un peu" répond Djeha. "Tu vas voir."

    Au bout d'une minute, le morceau de pain est couvert de fumée et de graisse qui sent bon. Djeha alors porte le morceau à sa bouche et le mange.

    - "C'est très bon!" dit il. "Merci et au revoir."

    - "Mais tu me dois de l'argent" crie le marchand en colère.

    - "Je ne te dois rien", répond Djeha. "Je n'ai pas mangé tes brochettes, j'ai mangé seulement la fumée."

    - "Allons chez le cadi!" (juge)

    - "D'accord! Allons chez le cadi."

    Ils arrivent chez le cadi et expliquent l'affaire. Le cadi demande au marchand:

    - "Combien d'argent lui demandes-tu?"

    - "Je veux un dinar", répond le marchand.

    - "Donne moi un dinar", dit le cadi à Djeha.

    Il prend le dinar, le passe sous le nez du marchand, une fois, deux fois, puis il le rend à Djeha.

    - "Mais, monsieur le cadi", dit le marchand, "ce dinar est pour moi. Pourquoi est-ce que vous le lui rendez?"

    - "Voyons!" répond le juge. "Djeha a senti l'odeur de tes brochettes, et toi tu as senti l'odeur de son argent.

    Maintenant personne ne doit rien à l'autre."


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  • Un jour, on ne sait comment, Nashrudin, vêtu de haillons, sale et pouilleux comme le pire des mendiants de Bagdad, pénétra à l'intérieur du palais du Calife et vint s'asseoir sur le trône suprême.

    Le chambellan, entrant dans la salle, fut horrifié devant ce sacrilège. Il s'apprêtait à appeler les gardes pour faire jeter en prison cet imposteur quand il pressentit comme un mystère... Il s'approcha du trône et dit à Nashrudin :

    - Même le Premier Vizir n'oserait pas s'asseoir sur ce trône... Tu ne prétends tout de même pas être le Premier Vizir ?

    - Ah non, répondit Nasrudhin, je suis plus que ça !

    - Plus que ça ! Mais, au-dessus du Premier Vizir, il n'y a que le Calife ! Tu ne prétends tout de même pas être le Calife ?

    - Ah non, répondit Nasrudhin, je suis plus que ça !

    - Plus que ça ! Plus que ça ! Mais au-dessus du Calife, il n'y a que Dieu ! Tu ne prétends tout de même pas être Dieu !

    - Ah non, répondit Nasrudhin, je suis plus que ça !

    - Plus que ça ! Plus que ça ! Plus que ça ! Mais au-dessus de Dieu, il n'y a rien !

    - Eh oui, dit Nasrhudin, je suis ce rien !


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  • Il était une fois, une île où tous les différents sentiments vivaient: le Bonheur, la Tristesse, le Savoir, ainsi que tous les autres, l'Amour y compris. 

     Un jour on annonça aux sentiments que l'île allait couler. Ils préparèrent donc tous leurs bateaux et partirent. 

    Seul l'Amour resta. L'Amour voulait rester jusqu'au dernier moment. Quand l'île fut sur le point de sombrer, l'Amour décida d'appeler à l'aide. 

     La Richesse passait à côté de l'Amour dans un luxueux bateau. L'Amour lui dit, 

    - Richesse, peux-tu m'emmener ? 

    - Non car il y a beaucoup d'argent et d'or sur mon bateau. Je n'ai pas de place pour toi.

     L'Amour décida alors de demander à l'Orgueil, qui passait aussi dans un magnifique vaisseau :

    - Orgueil, aide moi je t'en prie !

    - Je ne puis t'aider, Amour. Tu es tout mouillé et tu pourrais endommager mon bateau.

     La Tristesse étant à côté, l'Amour lui demanda :

    - Tristesse, laisse moi venir avec toi. 

    - Ooh... Amour, je suis tellement triste que j'ai besoin d'être seule !

     Le Bonheur passa aussi à côté de l'Amour, mais il était si heureux qu'il n'entendit même pas l'Amour l'appeler !

     Soudain, une voix dit :

    - Viens Amour, je te prends avec moi.

    C'était un vieillard qui avait parlé. L'Amour se sentit si reconnaissant et plein de joie qu'il en oublia de demander son nom au vieillard. Lorsqu'ils arrivèrent sur la terre ferme, le vieillard s'en alla. L'Amour réalisa combien il lui devait et demanda au Savoir :

    - Qui m'a aidé ?

    - C'était le Temps, répondit le Savoir. 

     - Le Temps ? s'interrogea l'Amour. Mais pourquoi le Temps m'a-t-il aidé?

    Le Savoir sourit plein de sagesse et répondit : 

    - C'est parce que Seul le Temps est capable de comprendre combien l'Amour est impor'temps dans la Vie.

     

     


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  • Un mandarin partit un jour dans l'au-delà.

    Il arriva d'abord en enfer.

    Il y vit une multitude d'hommes attablés devant des plats de riz mais tous mourraient de faim car ils avaient des baguettes longues de deux mètres et ne pouvaient s'en servir pour se nourrir.

    Puis il alla au ciel.

    Là aussi il vit une multitude d'hommes attablés devant des plats de riz et tous étaient heureux et en bonne santé, car eux aussi avaient des baguettes longues de deux mètres, mais chacun s'en servait pour nourrir celui qui était assis en face de lui.

     


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