• Voyage intérieur

     

    Voyage intérieur

    Vertige 

    Tout le jour je me bats contre les troupes de la nuit : soldats impalpables, dont toutes les forces sont concentrées aux tréfonds de mon cerveau, là, où j’ai le plus de mal à contrôler les pulsions de mes émotions. 

     

    Alors je me concentre au bord de l’astre, mon regard se fond à l’infini, sondant l’espace. J’appelle à moi l’énergie pure et originelle de l’univers. 

     

    Infini 

    Que pourra mon âme, sans l’union de toutes les forces cosmiques ?  Les deux comètes, dont l’éclat doré recouvre d’un étrange halo lumineux tout ce qui m’entoure, nous entraînent dans leur course folle à travers la galaxie. 

     

    Nous avons passé les frontières du temps, les siècles défilent sans que leur morsure ne laisse de traces sur les organismes vivants. 


    Serait-ce la vie éternelle ? 

    Serai-je mort ? 

     

    Sur toi coulent les larmes célestes.  

    Dans le vide de ton âme 

    Ils cherchent Dieu, 

    Le chemin s’efface, 

    Tes pieds foulent l’espace. 

    Etrangeté de la création, des formes fluides et mouvantes apparaissent. Elles ressemblent à de l’eau ou du gaz. Le cosmos se mire à l’intérieur. Elles sont l’écho de la douleur, hurlements inaudibles, mouvements imperceptibles, impalpable souffrance de l’univers. 

     

    Conscience 

    Quel est le but de cet étrange voyage ? Plus grand j’ouvre mes yeux, plus grande est l’obscurité, et pourtant, cette obscurité est lumière. 


    Vers quelle frontière insoupçonnée de l’univers nous mène cette course infernale ? 

    Je la sens, je sens mon âme vivre, grandir et rétrécir, je la sens battre au rythme de mes actes et de mes pensées. 


    Quelle incroyable prison que ce corps aux multiples portes, fermées et oubliées, dont nous possédons les clés…les clés de la liberté… 

     

    Enfouies au plus profond de nous-mêmes, elles sont autant d’insondables mystères qui nous terrifient. 

     

    Je me souviens de cette porte en travers de mon chemin. Poussé par la curiosité, je cherche le moyen de l’ouvrir. Pas de clé, pas de serrure, rien. 

    Je décide alors de m’appuyer de toutes mes forces, d’un côté, puis de l’autre, et, soudain, je me sens partir en avant, dans une glissade vertigineuse.  

     

    Rien pour me freiner ni me guider, des obstacles, noyés dans l’obscurité, plus coupants ou violents les uns que les autres, me heurtent, me déchirent. 


    Je n’ai que moi-même, mon corps, mon esprit et mon âme pour m’en défendre. Je dois leur apprendre à sentir, pressentir, anticiper… 

     

    Et quand je commence à peine à penser que je vais y arriver, la pente se fait plus raide et la chute plus rapide, il faudrait que je sois plus rapide, plus rapide que la force qui m’attire vers le bas. 


    Notre conscience porte les empreintes de notre voyage dans le temps et l’espace, les traces cosmiques, les poussières d’étoiles qui bordent notre chemin de lueurs ou d’éclats selon notre pureté. 

     

    Ecoute le bonheur,
    Ecoute le malheur,
    Ecoute la mort de mon cœur… 

     

    Et la nuit se pose sur mes yeux, couvrant d’encre le fond de mes pensées. Sombre Déesse, tu dilues le cœur de ma conscience, et déposes au creux de mes cils des perles d’argent, premières lueurs que je perçois de l’aube naissante, filet de fraîcheur soulevant mes paupières.

      

     

     

     

     

     

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