• Le grain de sable

    Dépose ta joue au creux de mes mains, et écoute l’histoire du petit grain de sable.

    Il vivait dans le désert, parmi la multitude de ses semblables. Il n’avait rien d’autre à faire qu’à s’oublier sous le ciel étoilé.

    Mais un beau jour, le vent qui passait par là, le prit et l’emporta dans un tourbillon, vers des horizons qu’il n’aurait jamais imaginé. Et d’un coup, le voyage s’arrêta, et, dans le noir il se retrouva.

    Où était le vent ? Pourquoi l’avait-il laissé là, et, d’ailleurs, où était-il ?

    Il avait atterri dans une machine, une énorme machine qui broyait, fondait, liquéfiait, transformait….les grains de sable….pour en faire des objets sans vie, d’une transparence effrayante, et sans aucune magie.

    C’était donc là qu’il allait finir ?

    Le vent était un traître, lui qu’il croyait son ami, pour l’avoir si longtemps bercé dans les dunes.

    Là, sous ses yeux, se déroulait une tragédie. Il découvrait le sors de ses amis les grains de sable, et, il pleurait…… pleurait à s’en fendre l’âme.

    Désespéré, il s’abandonna à son triste destin. Que pouvait-il faire, lui, si petit, si impuissant ? Lui semblait-il.

    Soudain, un petit courant d’air le souleva, et le déposa au cœur de la machine. Il y faisait plus noir encore, et il ne voyait plus ses amis :

    « - Mais ce n’est pas possible, que vais-je devenir ? »

    Bien content quand même d’avoir un sursis ! Un sursis ! Ah ! Non ! A quoi bon ? Enfin c’est toujours mieux que de finir broyé, liquéfié….

    Cessant de se lamenter un instant, il prêta l’oreille………

    Les bruits saccadés des pistons et le grondement des fourneaux avaient cessés.

    Il régnait dans l’usine une agitation sans précédent, mais plus de vacarme mécanique, la machine avait cessé de fonctionner.

    D’où venait ce répit ? Se demandait le grain de sable.

    Et puis soudain la lumière se glissa près de lui, et il entendit :

    « -Regardez ! C’est un grain de sable ! Il a bousillé la machine ! Quel est le P…d’E… qui n’a pas fait son boulot !!!! »

    Et là, il comprit que le vent ne l’avaient pas abandonné, il avait juste mis du temps à pouvoir pénétrer les remparts qui l’emprisonnaient.

    Un coup de pinceau, un courant d’air, et il se retrouva de nouveau voyageant vers d’autres horizons, en sachant dorénavant, que ses semblables étaient partout, pas uniquement dans le désert.

    Et, surtout, qu’il n’était pas si impuissant que ça. Lui, si petit, grâce à son ami le vent, il avait terrassé l’énorme machine.

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