• Fantôme

    Je suis bise art...Telle une figure mythologique défigurée, désincarnation matérielle attirante et repoussante. L'ouverture de mon antre béante exhale l'amour du non-être...De tous mes bras de souffrance je tente de contenir les effluves qui s'épandent et s'agrippent à tous les temps avec une obstination poisseuse. Tant de tentacules s'affairent à l'élaboration d'une porte aux seins d'un mur pantois de sa propre laitance chimérique. Tant d'efforts à freiner le flux du retour ...

    L'effroyable annihilation fait son chemin, ne se retirant que pour revenir aussitôt avec plus de force encore s'imprégner des stigmates du substantiel ouvrage. Chaque cellule de mon corps ressent sa fin. L'appétit du retour est si puissant qu'il fissure la volonté... Le désir gagne, envahit la volonté acharnée à défendre les frontières de sa conscience.
    Il n'est plus qu'un chaos de chair secouée, laminée, vaincue. Le champs et la matière se fondent en un seul être suintant d'effluves et de miasmes mêlant le parfum à la puanteur du viol.

    Le contrôle n'est plus, il s'abandonne en aspiration à la submersion de son univers. Sous les spasmes de violence les particules explosent l’écho de leur mémoire. Mes mouvements ne sont plus que réponses à son ardeur. Au-delà de la chair dont le moindre tissu, le moindre interstice est conquis, la béance elle-même emplie de son fluide bouillonnant sourde en exhalaisons de jouissance coupable... Chaque retour de la chose est pire que le précédent…


    L’horreur est passée… Je suis seule… Non… Pas seule… Il a laissé une trace indélébile… Un poison délétère… Sur la trame de ma vie il s’est infiltré sournoisement… Dans l’insondable dérive de mes sentiments, les larmes de sang couvrent mon horizon… Le regard de mes illusions n’est plus que linceul de passion… Je ne suis plus qu’une bête affamée… O combien d’âmes s’affairent à me nourrir de leur amour, qu’elles déversent à profusion dans la béance moite de l’abyssal néant, héritage funeste d’un combat inégal…L’anéantissement de mes propres sentiments, je ne suis plus capable de ressentir mon propre désir et ne vit plus que le désir de l’autre, des autres... Comment ne pas sombrer dans la folie de ce tourbillon infernal ?

    J’entrevois désormais le plan machiavélique du monstre, une magistrale façon de s’approprier ma fidélité…

    « SILENCE....Orion »

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